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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:47

Article du journal "Le Monde"

 

"AREQUIPA (PÉROU) ENVOYÉE SPÉCIALE

 

LE BEL HERITAGE D'AREQUIPA

vue-du-couvent-santa-catalina.jpg


"C'est un curieux "village" de femmes. Les noms des plus illustres d'entre elles, filles de l'aristocratie coloniale péruvienne et bolivienne, sont gravés au fronton de leurs anciennes demeures. La Casa de Manuela Ballon, celle de Maria Murtado, de Rosa Cardenas ou de Dolorès Llamosas se succèdent dans un camaïeu d'ocres jaunes ou bruns, de bleus indigo et de rouges foncés, au cœur d'Arequipa la Blanche : la plupart des édifices de la deuxième plus grande ville du Pérou sont taillés dans une pierre volcanique (le sillar) aussi immaculée que les neiges éternelles des trois hauts volcans qui l'encadrent.

Des hommes ont construit, à la fin du XVIe siècle, ce village dans la ville, vaste dédale de patios fleuris, de placettes aux fontaines gazouillantes et de rues sinueuses aux noms andalous (Séville, Grenade, Cordoue, etc.), mais aucun n'y a officiellement vécu. Car ce village, avec ses églises, chapelles et cloîtres, est un couvent, celui de Santa Catalina, l'un des plus anciens, des mieux conservés et des plus vastes du continent américain, puisqu'il couvre 20 400 m2. Il compta jusqu'à 500 pensionnaires. Aujourd'hui, une quarantaine de religieuses y occupent le quart de sa superficie, isolées du public, autorisé à visiter les lieux depuis 1970. Ces carmélites respectent les vœux de pauvreté et de silence qu'elles ont prononcés. Ce ne fut pas toujours le cas dans l'histoire de cette forteresse, où l'on remonte le temps jusqu'aux magnificences de l'ère coloniale.

La première bienfaitrice de ce couvent, doña Maria Alvarez de Carmona y Guzman, a été décrite comme "distinguée, jeune, veuve, joyeuse et intelligente" par les chroniqueurs de l'époque. Première supérieure des lieux, elle y attira sa fille, ainsi que les cadettes des meilleures familles de l'aristocratie espagnole, les aînées étant vouées à se marier. Elle exigea des novices une dot importante, en pièces d'or ou d'argent, mais les recluses pouvaient conserver leur train de vie et disposer d'une à quatre servantes ou esclaves chacune. Le réfectoire fut vite délaissé, de même que le dortoir, où chacune conservait un lit pour la forme. Et leurs"cellules" devinrent des maisonnettes, pieusement mais richement décorées. Une chambre pour la recluse, une autre pour ses servantes, un salon parfois, une courette, une cuisine extérieure, un jardinet.

L'un des logis les mieux conservés est celui de sœur Ana de Los Angeles Monteagudo, élue supérieure en 1648. Elle est la bienheureuse de ce couvent, béatifiée en 1985 par le pape Jean Paul II pour les miracles qui lui sont attribués. Après sa mort, les sœurs continuèrent de mener grand train derrière les hauts murs de la rue Santa Catalina. Au XIXe siècle, la Française Flora Tristan, avant qu'elle ne devienne radicalement féministe et révolutionnaire, fut tout étonnée du faste des lieux et de la légèreté de ses pensionnaires sans voile. Arrivée à Arequipa en 1833 dans l'espoir de récupérer auprès de sa famille paternelle une partie de l'héritage de son père, Mariano Tristan y Moscoso, mort prématurément à Paris, elle trouva refuge au couvent de Santa Catalina avec ses tantes et cousines pendant les six jours d'une guerre civile locale.

"Quels hourras quand j'entrai!", raconte-t-elle dans Pérégrinations d'une paria (Maspero, 1979 ou Actes Sud, 2004). A peine la porte fut-elle ouverte que je fus entourée par une douzaine de religieuses qui me parlaient toutes à la fois, criant, riant et sautant de joie. (…) Celle-là écartait ma robe par-derrière, parce qu'elle voulait voir comment était fait mon corset. Une religieuse me défaisait les cheveux pour voir comme ils étaient longs; une autre me levait le pied pour examiner mes brodequins de Paris; mais ce qui excita surtout leur étonnement, ce fut la découverte de mon pantalon." Les dîners où elle fut invitée dans les "cellules" furent "des plus splendides" : "Nous eûmes de la belle porcelaine de Sèvres, du linge damassé, une argenterie élégante et, au dessert, des couteaux en vermeil. Quand le repas fut terminé, la gracieuse Manuelita nous engagea à passer dans son retiro (salon). Elle ferma la porte de son jardin et donna des ordres à sa première négresse, pour que nous ne fussions point dérangées." Ladite Manuelita eut même le droit de monter un cheval au couvent pour soigner une maladie nerveuse, ironise Flora Tristan. Concerts dans la chapelle, banquets chez l'une ou l'autre : les nonnes de Santa Catalina n'étaient pas astreintes, comme les carmélites d'un couvent voisin, "à cette foule de pratiques religieuses qui emploient tout le temps de ces dernières". A cette époque, le Pérou était une République depuis quelques années, mais "tout, dans cette ville de 30 000 âmes, où les Blancs se faisaient passer pour nobles ou rêvaient de l'être, dénonçait la colonie", résume l'écrivain Mario Vargas Llosa, dans son livre Le Paradis un peu plus loin (Folio, 2003) sur la vie de Flora Tristan et de son petit-fils, Paul Gauguin. La vie sociale et mondaine, ajoute-t-il, y était "plus intense qu'à Paris", considérée alors comme la "succursale du Paradis" par les Aréquipègnes : "Les familles rendaient et recevaient des visites tout le jour et, dans l'après-midi, on mangeait les délicieux biscuits et friandises que préparaient les religieuses cloîtrées."

L'hédonisme ne dura cependant plus très longtemps à Santa Catalina, et la parution du livre de Flora Tristan à Paris, en 1838, n'améliora pas la réputation de cet îlot de frivolité. Le Vatican, las de ses vaines admonestations, se décida à envoyer la dominicaine Josefa Cardena pour y remettre bon ordre. La dot fut supprimée, servantes et esclaves furent libérées, dont certaines prirent le voile, une chance pour les"aristocrates" qui apprirent d'elles comment faire leur lit au dortoir, laver leur linge et nettoyer le réfectoire. 

L'oncle de Flora, don Pio Tristan, général espagnol devenu président de l'Etat du Sud-Pérou en 1838, fit en public, sur la place d'armes d'Arequipa, l'autodafé du livre de sa nièce, coupable d'avoir moqué les mœurs de la bonne société locale. Plus grave pour Flora, séparée d'un mari français violent, don Pio lui coupa la petite rente qui lui permettait de vivre à Paris avec ses enfants. L'ouvrage la fit cependant connaître dans les milieux intellectuels parisiens : jamais aucune femme n'avait osé mettre à nu sa vie privée si crûment ni réclamé aussi vivement le droit au divorce et la fin de l'exploitation des plus démunis. Arequipa salue aujourd'hui timidement la mémoire de Flora Tristan, sans aller toutefois jusqu'à apposer une plaque sur le devant de la belle résidence du richissime don Pio, où Flora vécut huit mois. Ce 108 de la rue San Francisco est actuellement le siège d'une… banque."

commentaires

Distribution de prospectus 27/02/2014 14:26


Merci pour le travail que vous faites sur ce blog qui contient pas mal de bons articles. 

Mayta Capac 16/03/2014 11:48



Je n'ai aucun mérite. J'ai toujours été fascinée par ce pays, son histoire, etc... et j'espère bien compléter un jour ma découverte très incomplète jusqu'à présent !.
BON DIMANCHE


Janine



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